Publié le 10.11.2015 par Dominique Brustlein-Bobst
Categories: Regards

Conseiller Spécial auprès de l’OMCT

Le scandale de la torture dans le monde ne nous est pas inconnu … il faudrait plutôt dire qu’il nous est presque devenu familier, dans la mesure où elle se pratique dans bon nombre de pays proches de l’Europe, et même de démocraties amies!
Mon implication aux côtés de l’OMCT en tant que Conseiller Spécial de l’Exécutif sert avant tout la cause inaliénable des droits de l’Homme !
Je m’exprime au nom de tous ceux qui, privés de leur liberté d’expression, n’ont que nous pour se faire entendre !
Il est vital de s’engager tant ici, dans la Suisse des grandes organisations onusiennes, qu’ailleurs dans le monde, pour dire STOP A LA TORTURE !!!!

OMCT - Organisation Mondiale Contre la Torture

Avec l’OMCT contre la torture

Nous ne pouvons ignorer la torture, atteinte majeure à la dignité de l’homme. Nous ne pouvons ignorer qu’elle se pratique dans les trois quarts des pays du monde et que, de plus en plus, elle est utilisée pour étouffer par la peur toute liberté ; DAESH en est la plus sinistre illustration. Nous ne pouvons ignorer non plus que, contrairement aux idées reçues, elle est inefficace pour obtenir des renseignements dans le combat contre le terrorisme comme le confirme l’étude du Sénat américain sur la CIA publiée le 9 décembre dernier.

Notre action
La Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984) rappelle que nulle circonstance ne peut justifier la torture et sert de référence à toutes les organisations qui se battent pour que cesse la torture. Parmi celles-ci, l’Organisation Mondiale de Lutte Contre la Torture (OMCT), organisation de droit suisse créée en 1985, a son siège à Genève.
Pour agir, l’OMCT a créé le réseau SOS-Torture à travers lequel elle soutient plus de 200 organisations locales de lutte contre la torture. L’OMCT est, en effet, convaincue que cette lutte doit se mener au quotidien dans chacun des pays où la torture est pratiquée et que ce sont les organisations locales qui sont les plus efficaces pour ce faire. Celles-ci sont les premières informées, elles sont les mieux à même d’alerter leurs concitoyens et les organisations internationales, de dialoguer avec le gouvernement, les juges, la police et l’armée pour qu’ils ne tolèrent plus ces pratiques inhumaines.
L’OMCT renforce les organisations locales en leur donnant les formations nécessaires, en  leur donnant une voix dans les instances internationales, en menant campagne contre les violences qu’elles lui signalent, en les aidant à réinsérer les victimes libérées dans la vie ordinaire, en dénonçant les menaces qui leur sont adressées, en aidant ceux de leur membres qui doivent fuir une répression.

Nos besoins
L’OMCT est financée par certains Etats européens et des fondations européennes ou américaines. Ces financements sont affectés à des projets visant des pays ou des sujets   définis ; ils dépendent des priorités et des politiques des donateurs. Mais, l’OMCT a, en outre, besoin de ressources non affectées à des projets pour assurer la continuité des actions engagées, pour développer de nouvelles formes d’action, pour faire face aux besoins imprévus de ses organisations partenaires, pour maintenir la cohésion et le dynamisme du réseau SOS Torture.


Des actions qui sauvent
Des actions qui renforcent les organisations locales de lutte contre la torture


Protéger ceux qui luttent contre la torture
Dans de très nombreux pays, ceux qui luttent contre la torture sont menacés, beaucoup sont emprisonnés,  plusieurs sont torturés. À la demande d’organisations membres du Réseau SOS Torture, l’OMCT intervient par des appels publics et des articles de journaux, en mobilisant les représentations diplomatiques de pays de l’UE et de la Confédération, en faisant sortir du pays les plus menacés.

  • Chaque année, quelques 300 défenseurs des droits de l’homme échappent ainsi à la torture, bénéficient de procédures juridiques normales, ou sont remis en liberté.


Aider les victimes à se réinsérer dans la vie quotidienne
Ceux qui ont été victimes de tortures, traitements inhumains ou dégradants, lorsqu’ils sont libérés, peinent à se réinsérer dans la vie quotidienne en raison des traumatismes physiques et psychiques qu’ils ont subis, mais aussi parce que parfois leur entourage les rejette (femmes violées) ou qu’ils ont été privés de leur travail, de leurs biens et de leurs droits. L’OMCT dispose d’un fonds de réhabilitation pour les aider à se reconstruire, mais aussi à engager des poursuites contre leurs tortionnaires dans leur pays ou devant les instances internationales.

  • L’OMCT a aujourd’hui en charge plus de 120 victimes. Son aide est fournie par l‘intermédiaire  d’un des partenaires locaux du Réseau SOS Torture qui peut vérifier les besoins et rendre compte de l’utilisation des fonds.


Eviter la torture aux enfants prisonniers
Les enfants détenus en prison risquent fort d’être victimes de violences et d’abus sexuels. L’OMCT forme les membres du Réseau SOS Torture à la visite des prisons où sont détenus des enfants pour détecter les abus. Elle organise des formations du personnel des services pénitentiaires sur les droits des enfants et les dispositions de la Convention contre la torture. Elle soumet, avec ses organisations membres concernées, des cas aux instances internationales.

  • L’OMCT est ainsi parvenue à faire modifier les lois et à réduire les violences contre les enfants dans plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique Latine.


Aider les organisations locales à faire appliquer la Convention contre la torture
L’OMCT aide les organisations locales d’un pays à préparer un rapport indépendant de celui du gouvernement (rapport alternatif) pour le présenter au Comité contre la torture à Genève qui le prend en compte dans les recommandations qu’il adresse au pays. Elle aide ensuite ces organisations à faire pression sur le gouvernement pour qu’il mette en œuvre ces recommandations.

  • Au rythme de 10 nouveaux pays par an, l’OMCT renforce ainsi la crédibilité des organisations locales qui contribuent ensuite à l’amélioration des lois nationales et des pratiques de la police et de la justice.


La Tunisie un cas d’école
L’OMCT a défendu de nombreuses victimes de la torture en Tunisie entre 1985 et 2011 et, dès 2011, elle a été invitée à établir un bureau à Tunis. Ce bureau a mobilisé des associations anti tortures tunisiennes qui ont fait adopter une loi pour la prévention de la torture. Le bureau a établi des centres pour apporter un soutien médical, légal et social aux victimes de la torture. Ces centres sont gérés par des associations tunisiennes. Il a également monté une exposition itinérante de sensibilisation contre la torture.

  • La torture politique a disparu en Tunisie. Reste celle contre les délinquants ordinaires que combattent les organisations locales.


La Libye des jalons pour après le chaos actuel
Le succès de l’action menée en Tunisie a incité des pays européens à demander à l’OMCT d’initier un programme analogue en Libye. Après un début encourageant pendant lequel 100 militants des droits de l’homme ont été formés, une centaine de victimes ont été prises en charge, des propositions de modification de la législation soumises, il a fallu devant les violences et le chaos replier le personnel sur Tunis. Mais des jalons existent pour repartir quand le pays aura retrouvé un certain ordre.

www.OMCT.org